Portrait de Pierre AKENDENGUE
Conteur et guerrier, sociologue et poète Pierre Akendengue fait partie des grands maîtres de la musique africaine contemporaine, et cela depuis bientôt quatre décennies
   
 
   

Pierre Akendengue fait partie des grands maîtres de la musique africaine
contemporaine, et cela depuis bientôt quatre décennies. C’est au Gabon
que Pierre Akendengue est né et qu’il a été initié aux musiques et aux
fêtes des villages, aux sons de la forêt, qui depuis ont marqué son itinéraire
musical. Mais c’est en France, à la fin des années 60, qu’il professionnalise
ce qu’il considère comme étant sa raison d’être: l’art de la musique. Pour lui, comme pour beaucoup de jeunes africains qui luttent contre l’autocratisme des régimes politiques nouvellement mis en place en Afrique, l’ancienne métropole est alors un refuge pour s’exprimer ou pour simplement exister.



 

 



Akendengue est atteint d’une grave maladie des yeux, il débarque à Paris pour s’y faire soigner dans le bouillonnement politique du milieu des années 60 et obtient le statut de réfugié politique. La musique est pour de nombreux jeunes un moyen d’expression et de contestation, il trouve à Paris les conditions pour exprimer sa révolte et exercer sa passion. Il s’inscrit au célèbre Petit Conservatoire de la Chanson de Mireille, où sont passées tant de vedettes de la chanson Française des années 60 aux années 80. C’est là que le découvre Pierre Barrouh, qui a lancé les carrières de Jacques Higelin et Brigitte Fontaine entre autres. Barrouh publie sur son label Saravah, le premier album de Pierre Akendengue, intitulé Nandipo en 1974.
Deux ans plus tard, avec Africa Obota, véritable ode à l’Afrique, il obtient le Prix de la Jeune Chanson Française de la SACEM. C’est un véritable succès. Avec Africa Obota, Akendengue plonge ses racines musicales dans cette France d’exil et récolte en retour la reconnaissance du public Français, jusqu’à son choix de retourner au Gabon en 1985 – s’inscrivant dans l’histoire comme l’initiateur, ou le passeur, de l’explosion de la musique africaine en France au début des années 80, avec
Touré Kunda, Xalam, Youssou Ndour, Salif Keita et bien d’autres.

Conteur et guerrier, sociologue et poète à la fois, Akendengue combine les genres. La poésie de ses textes, ses métaphores subtiles, ses mélodies légères d’apparence faciles, font qu’Akendengue s’impose comme un artiste hors pair, de ceux qui éclairent les consciences au-delà des frontières.

Sans qu’aucune rage, aucun mépris ne déforment, à aucun instant, la beauté que l’on espère en toute oeuvre artistique. Avec Gorée, son dixhuitième album, il continue à puiser dans la tradition de la forêt gabonaise et dans la culture de l’Afrique éternelle, avec une force qui lui est unique – déclarant ainsi : « L'art doit être d'abord un instrument de libération.
Et l'artiste ne doit pas parler pour ne rien dire, ou mentir au sujet des choses qu'il sait. Les quelques chansons que j'ai faites et qui ont été connues de certains mélomanes, je crois qu'elles n'ont jamais dérogé à cette ligne de conduite. Parce que l'artiste se fait, dans le silence de son coeur, une promesse de fidélité à lui-même ».


A l'occasion de la Célébration 50ème anniversaire des indépendances africaines,
en hommage aux Césairités d'Etoiles et Dauphins de la Négritude, Pierre Claver Akendengue a accepté
naturellement de soutenir le programme MARGOSE Festival proposé par Christian Ortolé...

Message de soutien de Pierre AKENDENGUE pour les Césairités du MARGOSE Festival

Les oeuvres d'Aimé Césaire, Claude Mc Kay, Lépold Sédar Senghor, Miriam Makeba, Alioune Diop et d'autres personalités en plaidant pour l'égale dignité entre toutes les cosmogonies sont en définitive l'avocat de la créature vivante. Elles nous incitent à comprendre l'autre. Mais peut-on chercher à comprendre quelque chose ou quelqu'un qu'on aime pas ? Chercher à comprendre c'est déjà aimé.
L'évènement Margose Festival ouvre un débat qui fédère les esprits et libère l'homme.

Pierre Claver AKENDENGUE
Paris le 3 novembre 2009

NANDIPO (1974) - Saravah
AFRICA OBOTA (1976) - Saravah
ESERINGUILA (1978) - Sonepran
OWENDE (1979) - Chant du Monde
MENGO (1980) - Ntye
AWANA W’AFRIKA (1982) - Ntye
MANDO (1983) - CBS
REVEIL DE L’AFRIQUE (1984) - Ntye
PIROGUIER (1986) - Ntye
SARRAOUINIA (1986) - Sepam
ESPOIR A SOWETO (1988) - Encore
SILENCE (1990) - Mélodie
LAMBARENA (1993) - Mélodie
MALADADITE (1995) - Mepa Gabon
CARREFOUR RIO (1996) - Mepa Gabon
OBAKADENCES (2000) - Romepa Gabon
EKUNDA-SAH (2004) - Romepa Gabon
GORÉE (2006) - Romepa Gabon / Lusafrica
VERITE D'AFRIQUE - / Lusafrica - sony

Chaque nouvel album de ce grand Monsieur est attendu comme le Messie, et d'un point de vue esthétique on est rarement déçu. Le dix-neuvième est un vrai festin musical, c'est notamment l'un des plus "dansants" qu'il ait jamais fait. On ne dira jamais assez que l'ingéniosité rythmique et sonore d'Akendengue surplombe le paysage de la chanson africaine depuis trois décennies. Sa voix reste l'une des plus belles du monde, avec cette expressivité quasi-religieuse, cette justesse absolue, ce vibrato idéalement maîtrisé qui font souvent penser au génial Guinéen Kouyaté Sory Kandia.
La façon absolument géniale dont il recycle les chants, les rythmes et les sons traditionnels du Gabon - parmi tant d'autres venus d'ailleurs - donne à sa musique une dimension prophétique, qui un jour finira forcément par intéresser les ethnomusicologues autant que les simples mélomanes qui l'adorent aujourd'hui.

article de Gérard Arnaud d'Africultures-Afriscope notre partenaire